Entretien 8 juin 2026

Entretien avec un expert : risk parity multi devises en Suisse

Expert suisse interviewé sur risk parity
François Keller Responsable analyse quantitative

Les modèles changent, les exigences montent. L’entretien met en lumière les adaptations nécessaires.


Sandrine Roth

Quelles erreurs fréquentes dans l’application du risk parity ?

François Keller

La première erreur reste de sous-estimer la volatilité des devises. Les modèles classiques masquent souvent le risque réel, car ils s’appuient sur des moyennes historiques. Pour renforcer la robustesse du portefeuille, il faut intégrer des mesures de volatilité actualisées, utiliser des outils statistiques dynamiques et ajuster la pondération chaque fois que le marché évolue. En Suisse, l’expérience collective montre que la discipline d’ajustement reste le meilleur rempart.


Sandrine Roth

Les outils automatisés suffisent-ils à gérer la complexité ?

François Keller

L’automatisation peut accélérer les calculs, mais ne dispense pas d’un suivi humain. Les outils d’analyse doivent être paramétrés pour détecter les changements soudains de corrélation ou de volatilité. Chaque signal doit être validé par un professionnel avant tout ajustement. Un portefeuille multi devises ne tolère aucune approximation dans l’allocation du risque.


Sandrine Roth

Comment organiser le suivi dynamique ?

François Keller

L’ajustement dynamique consiste à réviser périodiquement la structure du portefeuille. À chaque nouvel événement, il convient de recalculer la volatilité et les corrélations. Les marchés changent vite, seule une discipline d’ajustement rigoureuse permet de prévenir les dérives structurelles. Le suivi doit être documenté à chaque étape.


Sandrine Roth

Y a-t-il des spécificités pour les portefeuilles suisses ?

François Keller

La Suisse présente une complexité particulière du fait de la diversité des devises détenues par les investisseurs privés. Cela oblige à des réajustements plus fréquents et à une veille constante. L’expérience locale prouve que l’apprentissage collectif, le partage de méthodes et la rigueur analytique font la différence.